Le suivi n’est pas l’intendance du marché. C’est ce qui le sécurise.

Un bon dossier de consultation ne suffit pas. Ce qui protège un marché public d'assurance, c'est la maîtrise du temps et la trace de chaque décision.


Ce délai n’a rien d’anodin. Un acheteur qui signe malgré un référé, ou qui informe mal les candidats évincés, s’expose à voir son marché fragilisé et à des pénalités financières : le Conseil d’État a par exemple prononcé, en 2019, une pénalité de vingt mille euros à l’encontre d’un pouvoir adjudicateur. Une fois le marché signé, le contentieux ne s’éteint pas pour autant, puisque le référé contractuel peut prendre le relais. À ces recours s’ajoutent le contrôle de légalité exercé par le préfet et l’examen des comptes par la chambre régionale des comptes.

Sans point de vérité commun, l’information se fragmente. Une échéance connue d’un service et ignorée d’un autre. Une réponse apportée à un candidat sans être partagée avec les autres. Un jalon qui glisse sans que personne ne l’ait vu venir. Or transmettre à un seul candidat une information refusée aux autres, c’est déjà rompre l’égalité de traitement, et ouvrir un motif de recours. Un espace de pilotage partagé, un planning tenu à jour et un journal unique des échanges ne relèvent pas de la coquetterie de gestion de projet. Ils garantissent que chacun travaille sur la même version des faits, et que l’égalité entre candidats se vérifie dans la pratique, pas seulement dans le règlement de la consultation.

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